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Une histoire de famille(s)

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Adoption


 


Aïcha :
J'aime les enfants mais je n'en ai pas. C'est mon destin comme ça.
Mais j'ai élevé le fils de mon frère, de l'âge de 1 an jusqu'à
presque 5 ans. Il m'appelait « maman ». Quand je suis
venue en France, en 2006, j'ai du le laisser à mon frère, en
Algérie. Il a pleuré, il voulait prendre le bateau pour me
rejoindre, il disait « je veux monter chez maman ». Pour
lui la France c'était le bateau dans lequel j'étais montée.


 


Orkeia : Chez
nous, ça se fait. Là-bas, ils le prennent comme un partage, pour
aider l'autre.


Du côté de ma
tante, la soeur de ma mère, elle a eu beaucoup d'enfants, des
garçons, et un des garçons c'est pas qu'elle l'a donné mais il a
été adopté par quelqu'un de la famille qui n'en avait pas. Et du
coup c'était comme sa mère cette personne. Il n'a su que par la
suite qui était sa vraie mère.


 


Raïzani :
Nous aussi, ça se fait : ma mère, c'est pas ma grand-mère qui
l'a élevée, c'est sa tante.


 


Orkeia : Même
des fois ils allaitent. Une de mes soeurs a été allaitée par la
femme de mon oncle, pour aider un peu ma mère. Alors toujours elle
lui dit : « Je suis ta mère de lait ».


 


Nassera :
J'avais 44 ans et pas d'enfant. J'ai demandé à ma grande soeur de
m'en faire un, elle n'a pas voulu. Après j'ai demandé à ma petite
soeur, elle m'a dit « oui », elle m'a promis, et son mari
pareil. Elle est tombée enceinte. Et là, je me suis rendue compte
que moi aussi j'étais enceinte, et je ne le savais pas. J'ai
accouché au mois de mars et elle en février.


 


*


 


Nassera : Un jour, la femme du
copain de mon frère, elle a accouché avec une césarienne. Ils
l'ont gardée à l'hôpital pendant un mois, parce qu'elle avait des
problèmes de santé. Comme ils n'avaient pas de famille, mon frère
il a ramené le petit chez nous, à la maison. Moi je ne faisais rien
à l'époque, je n'avais pas de travail fixe, je lui ai dit « je
le garde en attendant qu'elle sorte ». Je l'ai gardé, mais on
dirait après que c'est mon bébé. Quand ils sont venus le
récupérer, je voulais plus. Je voulais le garder ce bébé. J'ai
commencé à pleurer. Après je suis tombé malade.


 


Fathya : Moi c'était avec mon
neveu. C'est à peu près la même histoire. Ma soeur elle a été
obligée de me laisser son bébé pendant presque 3 ans. J'avais 16
ou 17 ans. Quand elle est revenue le chercher, je la détestais.
C'était ma soeur mais je la détestais. J'ai souffert. Lui aussi il
a souffert. Mais le problème c'est que comme il n'a pas grandi avec
elle, elle ne l'aime pas comme elle aime ses autres enfants. Elle
aime bien que ses enfants viennent chez elle, elle téléphone tout
le temps, elle s'inquiète pour les autres, mais lui jamais, elle ne
parle pas de lui. Il est toujours à l'écart. On peut dire qu'il a
galéré. C'est comme s'il n'avait pas de parents.


Maintenant il a 32
ans. Quand je le vois, c'est comme si c'était mon fils.


 


Nadia : Quand
j'ai quitté l'Algérie pendant la guerre civile, j'avais deux petits
bichons maltais, j'ai pleuré quand il a fallu les laisser, alors
imaginez-vous si j'avais adopté un enfant...


 


 


Argent


 


Mon frère va se marier, je suis
contente pour lui, je ne sais pas si je vais y aller, à cause de
l’argent, du prix du billet. Hier j’ai appelé ma sœur au Maroc
pour avoir des nouvelles de la famille.


(Fatima)


 


*


 


Nassera : Ma famille, ils sont
loin, tout le monde est en Algérie. Je les appelle toutes les
semaines, des fois deux fois par semaine. Dès fois j'appelle maman,
dès fois j'appelle mes soeurs. Eux ils n'appellent pas, parce que
c'est cher.


 


Nadjette : Même c'est pas cher,
ils n'appellent pas. Ils appellent seulement si quelqu'un est malade,
ou alors pour les fêtes.


 


Raïzani : Moi j'appelle ma
famille à Mayotte, mais eux ils n'appellent jamais, sauf si il y a
quelqu'un qui est malade, mais sinon ils n'appellent pas du tout.
C'est une question d'argent. Ils se disent que nous ici on trouve
l'argent dehors. Si tu vois quelqu'un qui est à Mayotte et qu'il
appelle, c'est qu'il veut des sous. Il ne demande pas « tu vas
bien ? ». C'est direct : « Envoie-moi des sous,
j'ai un problème ». Dès fois même ils inventent juste pour
qu'on leur envoie.


 


*


 


Les enfants, il ne faut pas
leur donner beaucoup d'argent : 2euros, 3 euros, oui, beaucoup
non.


(Nadjette )


 


*


 


La grève des bus, c'est un
problème pour les mamans qui travaillent aussi. On perd de l'argent.


(Souraya)


 


*


 


Ma
soeur s’est mariée en 2011 avec un marocain, il y a eu des
histoires, il gardait l’argent, il ne la laissait pas libre. Ils
ont divorcé.


(Nadjette)


 


 


Bonheur





Le bonheur de mettre au monde un petit
être


La joie d’être papa ou maman


Le plaisir de voir la croissance et le
développement de ce petit être


Avoir un jour un confident et
remplaçant


Voir un jour ses enfants réussir après
notre long trajet et éducation donnée


Hayat


 



*


 


Le plaisir d’être parent, c’est de
voir ses enfants en bonne santé, de les voir grandir devant soi.


De pouvoir se confier à ses enfants.


Nassera


 



*





1 d’être responsable de mes enfants


2 de les gâter le plus possible


3 d’essayer de leur donner une bonne
éducation


4 c’est la continuité de nous même


5 de les comprendre le plus possible



Orkeia






*





Passer les vacances en famille, sortir
avec mon fils et mon mari, voir mes enfants mariés, voir mes


enfants bien dans la vie.


Selvina


 



*


 


Avoir des enfants çà m’a rempli un
vide et surtout après avoir perdu mes parents, c’est le plus grand


cadeau de Allah que j’ai eu dans
cette vie.


Fathia


 


 


Conseils


 


Ma mère, elle me disait
toujours que je dois me lever de bonne heure pendant les vacances !!!


Elle me disait celui qui
veut travailler, c’est le matin, l’après midi, il fallait
tricoter, à l’époque, dès fois, je me disais qu’elle était
trop sévère. Même si je lui obéissais à la lettre.


Sauf qu’à présent je
fais comme ma mère, toujours matinale. Et je me dis : « elle
a raison ma mère »


Elle disait aussi « Moi,
je vous donne toujours de bons conseils, jamais des mauvais, après
c’est à vous de voir ! » « Tout
ce qu’on fait, on le retrouve devant nous. » « La roue
tourne, un jour vous serez parent et là vous allez tout
comprendre. »



(Hayat)





*





Mon
père, quand j’étais petite, il m’a dit : « continue
les études », et moi je regrette de ne pas avoir suivi ses
conseils.


(Aïcha)


 


*


 


On m’a toujours dit :


Les conseils qui te font
pleurer sont mieux que les conseils qui te font rire. Car celui qui
te fait rire ne te veux pas du bien.


Aussi de garder espoir
car l’espoir fait vivre.


De ne pas commencer par
les mauvaises nouvelles toujours par les bonnes.


De ne pas regretter ce
qui est fait car les remords affaiblissent et nuisent à la santé et
jouent sur le plan psychique.


De mettre de l’argent
de côté pour les coups durs alors que parfois ce n’est pas le
cas.


De faire attention aux
gens à qui tu fais beaucoup de bien.


Le monde appartient à
celui qui se lève tôt.


Quand vous deviendrez
parent, vous reconnaîtrez la valeur des parents.


Sans les études pas
d’avenir !


(Nacera)


 


 


 


 


Curriculum





Père : un hérisson


Mère : une tulipe (douce)


Lieu de naissance : désert


Date : un jour


Écoles : un apprentissage (une chance)


Domicile : quelque part dans la nature


Métier : un rêve, irréalisable


religion : dans ton cœur



Loisirs : voyager autour du monde



(Chaïma)





*


 


Père : travail dur, courage


Mère : docile obéissante naïve


Lieu de naissance : guerre traumatisme


Date : vent pluie grêle


Écoles : souffre douleur


Domicile : populaire agréable


Métier : ménage puis déménage


religion : rêve de l'invisible


Loisirs : sommeil et rêves éveillés



Signe particulier : destin qui s'avance lentement



(Nadjia)


 


 


Différences
?


 


Les hommes sont souvent libres. Ils
sont forts.


Les femmes ont beaucoup de choses à
faire : la cuisine, le ménage, les enfants, le travail.


Les pères assurent le côté
financier.


Les mères assurent le côté affectif
et éducatif.


Les garçons sont gentils mais parfois
pénibles.


Les filles sont très coquettes et
sérieuses et travailleuses.


Les enfants portent la joie pour les
parents.


Les
enfants c'est les fleurs du jardin.


(Hayat)


 


*


 


Les hommes sans les femmes ne sont
rien.


Les femmes sans les hommes ne sont
rien.


Les pères, les enfants en ont besoin
pour une bonne éducation.


Les mères sont souvent le pilier de la
famille.


Les garçons préfèrent leur mère.


Les filles partent de la maison
familiale plus vite.


Les enfants, les élever, et les
éduquer est le métier le plus difficile du monde.


Orkeia


 


*


 


Les hommes : les protecteurs


Les femmes : le pilier dans la
société


Les pères : responsables et
courageux


Les mères : la douceur et le
tendresse


Les garçons : c’est l’honneur
et les descendants de la famille


Les filles : beaucoup de
gentillesse, de complicité et d’amour.


Les enfants : les fruits du
couple.


Hayat


 


*


 


Les hommes : forts


Les femmes : savoir cuisiner


Les pères : travaux


Les mères : ménage


Les garçons : ballon


Les filles : vestes


Les enfants : joie, bonheur


Selvina


 


*


 


Les hommes sont forts, puissants,
protecteurs


Les femmes ont un peu plus peur que les
hommes, plus timides


Les pères ont le dessus sur les
enfants, les enfants ont souvent peur de leur père


Les mères sont là pour mettre les
bases à leurs enfants (éducation)


Les garçons aiment sortir avec leurs
amis, draguer des filles


Les filles aiment aller faire les
boutiques entre copines.


Les enfants aiment jouer, courir
partout.


Nicolas


 


*


 


Les hommes sont au travail


Les femmes s’occupent des enfants


Les pères sont responsables des
enfants


Les mères donnent tout pour leurs
enfants


Les garçons et les filles c’est le
bonheur dans la maison.


Aïcha


 


Les hommes, ils sont nombreux à ne pas
prendre leurs responsabilités


Les femmes, elles sont patientes.


Nassera


 


 


Difficultés


 


Les difficultés d’être parent :
c’est de se soucier de la scolarité et de l’avenir des enfants,
c’est vouloir aider ses enfants sans le pouvoir, c’est craindre
que les enfants fassent de mauvaises rencontres.


Hayat


 


En tant que mère, j’avais la
difficulté de les suivre dans leurs devoirs, comme de les suivre
entre les


deux cultures, sans la religion, alors
que moi je n’ai pas grandi avec ma mère.


Myriam


 


Difficulté d’être seule pour élever
son enfant.


Nassera


 


Difficulté d’être parent : le
malheur de perdre son enfant, qu’il parte avant nous, que les
enfants


tournent mal, qu’ils fassent des
mauvaises rencontres.


Orkeia


 


Difficulté d’être parent : c’est
quand les enfants sortent le soir, ou ne travaillent pas.


 


 


Dire
(ou ne pas dire)


 


Hayat : Les enfants, il faut les
protéger. Il y a des choses à leur raconter quand même. Par
exemple, si je suis très malade, je vais leur dire que je suis
malade mais je vais pas leur dire le fond. Il faut leur dire la
vérité, mais pas une vérité complète comme avec un adulte, parce
qu'il y a des choses qui sont dures à encaisser pour un enfant


 


Nassera : Il y a des choses qui
sont pas bien dans la vie et des choses qui sont bien, il faut bien
l'indiquer à l'enfant, montrer le mal et le bien, comme ça il
comprend la vie.


 


Nassera : dans ma tête, mon père
c'est un héros comme on dit, il est brave et courageux, il a toutes
las qualités. Je suis fière de mon père. Il a vécu. Il était
combattant, courageux. Mais moi je peux pas raconter ma vie à ma
fille, parce que ma vie elle est pleine de chagrin.


 


Nadjette : Moi je
suis diabétique, presque pendant un an je ne l'ai pas dit à mes
enfants, ni à mon mari ni à mes enfants, juste à ma sœur.


 


 


 


Education
(1)


 


Hayat : En général, les cas très
violents, c'est un enfant sans parents, ou les parents séparés,
seul avec sa mère, en foyer, en général c'est ça. Bon, il y a
d'autres cas, mais en général moi j'entends comme ça, un enfant
qui a eu une enfance très difficile. A un moment donné il a dérapé,
on n'a pas pu le remettre sur le droit chemin.


 


Nadia : La dernière fois, il y a
une fille qui s'est jetée du 17ème étage. 14 ans. Son grand frère
il la frappait avec une ceinture, parce qu'elle avait des mauvaises
notes. Elle est rentrée dans sa chambre et elle s'est jetée par la
fenêtre.


 


Nadia : Il faut faire attention,
tes enfants, qui ils fréquentent. Moi je les ai jamais laissés
fréquenter n'importe qui., moi je choisissais.


 


Raïzani : Les jeunes de
maintenant ça fonctionne par bandes, si tu fais pas comme les autres
tu es exclu, tu n'as pas d'amis, donc tu es obligé. Moi je vois à
l'école, si tu fais pas le bordel on t'exclut carrément, on te
trouve ridicule, « tu n'es pas un 'guéri » comme on dit
nous, ça veut dire que tu es un peureux. Donc il faut montrer que tu
n'as pas peur. Tu es obligé de te mettre à fumer comme les autres,
pour montrer que tu es fort aussi. Moi j'ai choisi une bande où
c'est des personnes qui veulent travailler. Il y a des gens qui
veulent travailler et il y en a qui sont là pour foutre le bordel.
C'est à toi de voir si tu as envie d'aller dans le mauvais chemin ou
dans le bon chemin.


 


Orkeia : C'est un choix, mais
après il y en a qui sont faibles de caractère.


 


Orkeia : Nous, on était ouvrier
de famille, mon père il était mineur de charbon, on manquait de
rien. - Je parle pas de téléphones, de machin qui n'existaient pas
à cette époque... - mais si on ne pouvait pas l'acheter on se
débrouillait avec ce qu'on avait. Maintenant non, il faut qu'ils le
volent quand même. Ils ont la tentation.


 


Hayat : J'ai vécu comme ça, on
vivait avec nos moyens, et c'est ce que je dis maintenant à mes
enfants : on va vivre selon ce qu'on peut. Je regarde pas tel ou
tel téléphone, telle voiture, tel ordi, tout ça.


 


Nadia : A l'école, nous on été
punis. Maintenant ils ne sont pas punis. Je me rappelle, un jour,
sans faire attention j'ai craché, je devais avoir 6 ou 7 ans :
il y a une enseignante, je n'étais pas dans sa classe, elle m'a
donné une gifle. J'ai demandé : « Qu'est-ce que j'ai
fait madame ? », elle m'a dit « Regarde, tu as craché ».
Elle m'a éduquée.


 


Orkeia : Avant on tapait sur les
doigts avec la règle. On a vécu ça, nous. C'est une autre
éducation maintenant. Je crois que c'est bien d'avoir eu des
interdits, quelques interdits, du coup on les a gardés. Peut-être
qu'aujourd'hui c'est un manque pour les enfants qui font n'importe
quoi, les parents ils disent « oh, ça fait rien, c'est mon
fils, il fait ce qu'il veut ». Il y en a comme ça, j'en ai
entendus.


 


Hayat : Nous c'était très très
sévère, maintenant je trouve que c'est pas sévère du tout.


 


Hayat : Les petits, dès le début
il faut leur mettre des limites : ce qui est bon, ce qui n'est
pas bon...


 


Nadia : C'est sûr, il ne peut pas
savoir tout seul.


 


Hayat : Un enfant, il ne comprend
pas comme ça, on lui apprend. Toute sa vie on lui apprend. Même moi
adulte, on m'apprend encore.


 


Selvina : Il faut être un peu
sévère avec les enfants, leur mettre des limites.


 


Selvina : Pour tout il y a une
limite. Si tu passes cette limite il y a une punition.


 


Fatima : Quand j'étais petite,
moi j'écoutais pas mes parents, je faisais comme je voulais. Mon
père était dur.


 


Orkeia : Ma mère elle était
sévère : il fallait pas faire ci il fallait pas faire ça...
Alors nous quand venaient tous nos cousins on en profitait de mettre
le oaï, tout ce qu'on pouvait pas faire on le faisait, on était
dehors, on courrait. Alors elle disait : « Ce soir vous
allez voir... !!!». Nous on s'en foutait de morfler après, de
prendre des coups de ceinture, on n'écoutait plus rien.


 


Hayat : Moi j'ai goûté du
martinet. Et puis ma mère elle avait un bâton aussi : un jour
ma soeur elle l'a cassé et elle l'a jeté. Après elle a eu la
punition de sa vie. Maintenant on en rigole, quand je l'ai au
téléphone le soir, elle me dit « Ah, quand même moi j'ai
affronté ma mère, j'ai cassé le bâton ». Moi je n'y
touchais pas à ça. Ni au martinet.


 


Nadia : Moi j'avais un nerf de
boeuf, je l'ai utilisé une fois avec mes enfants. Après ils l'ont
jeté dans la mer.


 


Raïzani : C'est ma mère qui
utilisait le martinet, parce qu'elle nous disait d'aller à l'école
coranique, et nous au lieu d'y aller on traînait à l'école
buissonnière. Ohhhh, on en prenait... !!! Mais on n'écoutait
pas, le lendemain on recommençait...


 


 


Education
(2)


 


Hayat : moi j'ai peur aussi. Bon,
les enfants, il faut leur apprendre, parce qu'ils vont grandir, mais
je trouve qu'il ne faut pas lâcher un enfant comme ça d'un coup. Il
faut le faire progressivement. Il faut d'abord bien l'éduquer, lui
apprendre le mal et le bien, bien bien bien comme il faut, et une
fois qu'il commence à grandir, on va le laisser faire des choses
mais doucement doucement, il va pas rentrer dans un monde d'adulte
d'un coup. Moi, pour moi c'est pas bien. Moi on m'a éduquée comme
ça aussi. Je suis mariée, je demande toujours des permissions, je
demande conseil, à ma mère, à mes frères qui sont plus âgées
que moi.


 


Nadjette : les enfants, il faut être
derrière tout le temps. Mais il ne faut pas trop serrer, sinon...


 


Hayat : pour moi, ils pourront se
déplacer seul à partir de 18 ans, il faut qu'ils soient mûrs, et
que je vois que vraiment ils sont mûrs.


 


Nassera : A la maison, vous savez
comment votre fille elle est, mais dehors non. Il y a l'entourage.
Peut-être elle est influencée. Peut-être que les copines vont lui
changer les idées. Il faut choisir les amis de nos enfants.


 


Hayat : Mes parents, ils étaient
plus sévères. Ca n'a rien à voir. C'est ce que je leur dis à mes
enfants. J'ai essayé de garder ce qui est bien, tout ce qui est
principe, éducation je l'ai gardé, et je vais continuer à
l'appliquer jusqu'au bout, mais pas trop sévère. Par exemple, les
sorties scolaires je ne dis pas non. Chaque année ils partent avec
l'école. Ma fille, elle vient de partir en Pologne, elle était
contente. Elle est allée en classe verte, en classe de neige...
Alors que moi, quand j'étais jeune, je n'avais pas le droit de
parler d'un voyage, ce n'était même pas la peine. Un voyage, pour
une fille ce n'était pas possible. La mentalité n'était pas la
même. Moi je trouve qu'il ne faut pas priver les enfants de ça.
C'est beau, c'est des beaux souvenirs... Moi, ça me manquait,
j'aurais aimé avoir ça, donc en aucun cas je vais l'infliger
maintenant à mes enfants.


 


Hayat : Mes enfants, c'est pas que
je ne leur fais pas confiance, j'ai peur. Si elle a 5 minutes de
retard, elle va vite m'envoyer un SMS


 


Orkeia : Les enfants il faut
qu'ils fassent leurs propres expériences. Même qu'on leur parle,
s'ils n'ont pas essayé, même s'ils disent oui, ils ne nous croient
pas.


 


Nassera : Si nos parents, ils
n'étaient pas derrière nous, on ferait n'importe quoi.


 


Orkeia :
C'est sûr que dans nos origines, c'était beaucoup plus serré pour
les filles. Peut-être que c'est pas plus mal en fait. Il y a des
choses qu'on ne faisait pas, qui étaient interdites, on ne
franchissait pas la barrière. Dans le fond, peut-être que c'était
pas mal.


 


 


Education
(sexuelle)


 


Nadia : Je me rappelle, mon petit
garçon un jour il a vu une fille sans culotte, il a dit « Oh...
on lui a tout coupé ! ». J'ai dit « Non, on lui a pas
coupé, elle c'est une fille elle deviendra une femme, et toi tu es
un garçon, toi tu as un pénis ». Je lui ai expliqué.








Famille
nombreuse






Hayat : C'est bien d'avoir une famille nombreuse,
mais après il faut pouvoir aussi les élever les enfants, les suivre
et tout ça...








Fêtes






Hayat : Dès fois je me dis heureusement qu'il y a
les fêtes, sinon on se verrait jamais, on se verrait peut-être une
fois tous les 4 ans, 5 ans... En Algérie, je me rappelle, on a des
cousins qui sont très très loin, on reste une année on les voit
pas, mais le jour de la fête on les voit. Je trouve que c'est
l'occasion. Les enfants ça leur fait plaisir, ils mangent ensemble,
ils s'amusent, ils ont des cadeaux, ils montrent tout ce qu'ils ont
eu. C'est des bons moments. Ca reste après. Je me rappelle de quand
j'étais petite, tout ce qu'on a fait c'est dans ma tête, je suis
adulte mais ça reste dans ma tête. C'est pour ça que j'essaye, je
me dis que ça serait bien de le transmettre aux enfants.





*


 


Les fêtes et les lumières de fin
d’année me rappellent malheureusement des souvenirs douloureux car
plus rien ne sera plus jamais pareil car le passé ne reviendra pas.
Mon
fils n’est plus de ce monde. Peut être est-il dans un monde
meilleur ? Mais je dois aller de l’avant et profiter de mes
petits enfants et de ma fille, les gâter le plus possible et être
heureuse car j’ai la foi. (Orkeia)






*





L’Aïd el fitre :
c’est une grande fête musulmane religieuse. Après 30 Jours de
carême, elle arrive cette fête dans les familles pratiquantes.
Quand j’étais petite, j’ai aimé cette ambiance, ma mère
s’occupait de tout ce qui est repas, et nous les filles, on faisait
les gâteaux, on rigolait, on décorait la maison pour recevoir la
famille : oncles, tantes, cousins même les voisins.


Tout le monde doit se
respecter, manger ensemble, même ceux qui ne se parlent pas, on dit
que c’est le jour de tolérance et de pardon.



Avec le recul, je n’arrive pas à m’imaginer qu’un
moment, tout le rôle qu’elle faisait ma mère est devenu mon rôle.
Car je suis mariée et mère donc, maintenant c’est moi qui prépare
le repas, les gâteaux et j’essaie de transmettre à la génération
future les coutumes, les traditions et la magie des fêtes, et
surtout de les passer avec bonne humeur et en famille. (Hayat)






*





C’était mon premier noël avec toute
la famille, mes petits cousins. Je n’avais pas vu ma sœur depuis 5
ans, alors on n’en a bien profité, on a parlé de tout et de rien.
C'est un sentiment fort que je ne peux même pas décrire. C’était
beaucoup de rire, de joie. (Raïzani)


 


*


 


La veille de l’Aïd, c’est beaucoup
de joie, on prépare beaucoup de gâteaux, toujours les mêmes, çà
ne change pas. C’est les sambousa. Les enfants sont interdits dans
la cuisine c’est que les mamans qui ont le droit.


Le matin, on réveille toujours en
premier les garçons parce que ce sont eux qui vont à la prière et
les filles font le ménage. Après on se prépare à accueillir les
hommes qui rentrent de la mosquée. C’est le moment que je préfère
parce qu’ils nous souhaitent beaucoup de bonnes choses. (Raïzani)


 


*


 


Pour la fête de l’Aïd,
on fait le henné pour les enfants. On achète le mouton, on
l’égorge. On achète des vêtements pour nous et des jouets pour
les enfants.



On fait des gâteaux, on va chez la famille ou bien ils
viennent chez moi, nous sommes tous ensemble, nous sommes contents.
(Aïcha)






*





Les fêtes de fin d’année sont
propices aux retrouvailles, et au rassemblement familial. On se
retrouve tous même si on s’aime beaucoup, un peu ou pas du tout.
Il faut éviter les sujets qui fâchent, être poli et faire comme si
tous les cadeaux nous plaisent pour que tout se passe bien ; car
dans mes souvenirs il y a eu des années où les fêtes se sont mal
passées par maladresse des uns et des autres. Je ne veux plus vivre
cela. Donc nous nous sommes réunis dans la joie et la bonne humeur
et tout s’est bien passé.


Pour Noël, nous étions tous
réunis, tout le monde était réuni, tout le monde était heureux.
Mes petites filles ouvraient leurs cadeaux avec une joie immense
autour du sapin. Les adultes aussi ouvraient leurs cadeaux ainsi que
moi-même, et là je me suis mise à penser à mon fils et d’un
coup j’ai pensé : plus personne n’en parle et je me suis
demandée où était sa place dans leur tête ? (Orkeïa)






*






Le jour de l’an : les enfants dorment plus tard,
on mange plus tard. On mange le gâteau des rois. (Selvina)








 


Fils





Orkéia :
J'ai perdu mon fils, ça fait un an et 9 mois, il est décédé d'une
crise cardiaque en dormant. Je ne m'en suis pas remise, je me dit que
peut-être c'est Dieu qui a voulu, comme je suis croyante. Je me dit
que peut-être il n'a pas souffert, et ça c'est énorme. Il était
très jeune.






Orkeia : La dernière fois, il est venu ma soeur,
elle m'a dit « tu viens avec moi, on va au cimetière ? »
j'ai dit « oui, j'ai envie d'y aller » pour voir comment
je réagissais, et j'ai bien réagi, je ne me reconnaissais pas.
Avant quand j'y allais, j'étais toujours une semaine malade, je
pleurais, et là j'ai mieux réagi, alors j'ai pensé : ça va
mieux. Je me suis dit que la thérapie, elle sortira de moi,
là-dedans, et de personne d'autre, j'ai été partout mais j'ai
compris que si c'est pas moi qui va me sortir de là, personne va le
faire.











Frères
et soeurs


 


Nadjette
: J'ai hébergé ma soeur 2 ans. Ma soeur c'est comme mes enfants,
comme ma fille. Elle a 34 ans et moi 50. Jamais j'ai pensé que
c'était ma soeur.


 


*


 


Keyra : Avec mes
enfants j'avais pas de problème. Sauf à la maison. Les jumeaux eux
ils étaient complices, le problème c'était entre un de mes jumeaux
et le grand. C'était le chat et la souris. Il y avait des portes
cassées, des choses comme ça. Pour un parfum, pour un pantalon...
Ils disaient Eteins le lumière ! Allume ! Baisse !!!
que des trucs comme ça... J'avais un T3, les 3 garçons dans une
même chambre c'est difficile. C'était la guerre. Maintenant ils se
souviennent, on rigole.


Il y a une copine à moi,
elle m'avait dit « fais comme moi, quand ils commencent à
faire la bagarre, tu tombes, comme ça ils s'arrêtent. » Mais
ils ne se sont pas arrêtés mes enfants, ils sont montés sur moi,
ils voyaient rouge.


Quand il y en a un qui
travaillait et qui achetait du parfum ou des marques avec ses sous,
l'autre il profitait. Alors chacun me demandait de cacher ses
affaires. Je les cachais dans ma chambre.


Mais
hors de la maison je n'avais pas de problème.


Quand ils se disputent comme ça, je
les punis. Pas de regarder la télé, ils sont grands maintenant,
mais je fais pas le repas qu'ils aiment. Je fais le repas normal,
qu'ils aiment ou qu'ils aiment pas, par exemple des lentilles. Mon
fils, il dit que les lentilles c'est pour les pauvres. Je leur dis
que « Bonjour » et « Au revoir ». Je parle
pas beaucoup, alors qu'ils aiment parler avec moi. Pendant une
semaine, comme ça. Jusqu'à ce qu'ils m'écrivent une lettre où ils
disent « s'il te plaît, pardonne-nous, on recommencera
pas... ». Je les ai gardé ces lettres, parce qu'ils ont écrit
des choses bien, je ne peux pas les jeter ces lettres.


 


Nadjette : Moi aussi, les filles
elles se disputent entre elles, pour le maquillage, pour les habits,
pour ça ou ça, pour la lumière. Elles dorment aussi dans la même
chambre. Il y en a une qui allume pour se maquiller, l'autre elle a
envie de faire la grasse matinée elle crie : « pourquoi
tu te maquilles pas dans la salle de bain ?!!». La petite elle
veut toujours mettre les habits de la grande. Une fois je leur ai mis
un coup de louche. J'ai dit « arrêtez arrêtez arrêtez »
elles ont pas arrêté, alors BANG ! Elles ont crié « Oh,
maman », et moi « C'est comme ça, c'est la vie ! ».


 


*


 


Aïcha :
A l'arrêt de tramway l'autre jour, j'ai vu quelqu'un comme mon
frère, la même tête, tout pareil, le visage, les yeux. Même mon
mari, il m'a dit « regarde ton frère, il est là ».
Juste il était un peu plus petit


 





Gaucher
( pas ) contrarié





Orkeia : Mon fils, il était
gaucher. Je l'ai jamais contrarié, parce que dans ma tête je me
suis dit qu'il y avait une raison. Moi je suis contre de contrarier.


 



Hayat : Mon fils, il est ambidextre. En fait, pour
écrire il écrit avec la droite mais pour le ciseau c'est la gauche.
Au début je comprenais pas, je me disais « il coupe mal, il
sait pas tenir un ciseau » et un jour à l'école, il était petit,
on lui a proposé un ciseau de gaucher et depuis il coupe bien.








Gifle


 


Je devais avoir 4 ou 5
ans, j’ai assisté à un mariage avec les enfants du quartier, il y
avait des hommes plein la salle, soudain une femme est entrée pour
danser.


Elle avait le ventre nu,
les cheveux sur les épaules, très belle, elle a entamé une danse
du ventre, j’étais sidérée par sa beauté.


En rentrant chez moi,
j’ai expliqué à ma mère ce que j’avais vu, j’étais
émerveillée, ma mère me répondit devant mon père que cette femme
était une catin dévergondée. J’ai dit à ma mère que moi aussi
lorsque je serais grande, je serais une catin.



Une gifle sur la joue me fit réaliser mon erreur, ma
mère a pris ma défense, expliquant à mon père que je ne suis pas
sensée savoir ce que cela veut dire.



(Nadia)


 


Grands-parents


 


Nadia : C'est bien une mamie, elle
raconte des histoires le soir aux enfants. C'est beau. C'est mieux
que la télévision.


 


Hayat : Oh oui... c'est beaucoup
mieux. C'est plus enrichissant.


 


Fathya : Dès fois les parents ils
sont un peu durs, mais la grand-mère elle est toujours douce,
gentille... C'est ce que je vois, mais enfin peut-être parce que moi
j'ai pas eu l'occasion d'avoir de grands parents. Moi ça me manque.


 


Nassera :
Moi j'avais ma grand-mère, elle était chez nous. Elle tricotait,
mais jamais elle tricotait pour moi. Jamais. Elle faisait des sacs,
mais que pour mes soeurs. Elle est marquée dans ma mémoire. Elle
faisait des tricots, des gilets en laine, mais jamais elle ne m'en
donnait, jamais, jamais. Pourtant j'étais courageuse, je faisais le
ménage pour elle, je nettoyais, elle me donnait des sous pour aller
acheter des choses pour elle dehors, pour manger, mais jamais elle me
donnait quelque chose. C'était tout pour mes soeurs, l'aînée
surtout. Le grand-père il était là aussi. Mais avec lui c'était
pareil. Je n'ai pas eu de chance avec eux.


 


 


Habitudes


 


Nassera : Ma fille, je lui ai
donné ma grippe, parce qu'on dort dans le même lit. Elle a une
chambre mais elle veut dormir à côté de moi. Elle ne veut pas
dormir dans sa chambre. Elle dit « ma place elle est ici ».
Quand son père il était à, elle dormait dans sa chambre. Du jour
où il est mort, j'étais angoissée, je n'arrivais pas à dormir
seule, elle a pris l'habitude de dormir à côté de moi. J'ai essayé
l'autre fois, elle s'est endormie à côté de moi, je l'ai prise et
je l'ai mise dans sa chambre, à 3h du matin elle est revenue.


 


Nadjette : Mon fils aussi, il a dormi
dans notre lit jusqu'à 8-9 ans. Après doucement doucement il faut
arrêter, sans forcer.


L'autre jour, ma fille à l'âge de 17
ans,elle m'a demandé pour la première fois de dormir avec elle dans
sa chambre. Moi je profite bien, pour donner des conseils. D'habitude
elle n'écoute pas, mais là elle est tranquille et j'en profite.


 


Aïcha :
Moi je conseille à Nassera d'aller dormir dans la chambre de sa
petite avec elle.


 


 


Inquiétudes


 


Ce qui m'a marquée, il y a deux ou
trois semaines, c'est l'hospitalisation de ma fille, suite à une
hyperglycémie - c'est un taux de sucre très élevé dans le sang.


Ça m'a fait des soucis pour elle et
pour sa santé, car cette maladie elle provoque d'autres maladies.


Voilà,
à part ça c'est la routine. (Saïda)


 


*


 


Pendant
les vacances, je suis sortie avec ma fille, on est parti au magasin,
je lui ai acheté un vélo. Elle était contente. Je l’ai fait
monter, elle roulait sur le trottoir et après d’un coup elle est
partie vite sur la route. Heureusement la voiture l’a évitée.
Quand je suis rentrée chez moi, j’ai pas pu dormir de la nuit.


(Nassera)


 


*


 


Mardi passé : j’ai eu
rendez-vous avec la maîtresse, Mme Pion pour faire le point pour le
travail d’Aryles. Enfin j’ai eu une petite nouvelle, il a fait
beaucoup de progrès pour la lecture, après mon inquiétude.


Lundi passé : j’ai eu la
convocation de l’établissement pour la réunion de fin du
trimestre et la remise des bulletins le samedi 14 décembre. Ceci me
stresse énormément.


Aujourd’hui :
j’ai décidé d’appeler ma mère au téléphone car elle me
manque et çà fait un petit moment que je n’ai pas eu de ses
nouvelles. Au final son téléphone ne marche pas, je pense !
Cela ne m’a pas plu !


(Hayat)


 


*


 


Orkeia :
Je pense que le malaise qu'on a en nous, on le fait passer aux
enfants. On ne le fait pas exprès, mais ils le sentent.


 


 


 


 


Interludes


 


. Dimanche : Les enfants sont
contents, ils font la grasse matinée. La journée la plus cool.
Douche, télé, jeux, sortie, devoirs à la fin.


. Lundi : on reprend l'école,
donc je mets mon réveil à sonner, je dois me lever de bonne heure,
ouvrir les fenêtres et préparer le petit déjeuner, ensuite
réveiller les enfants et les préparer à partir.


. Mardi : Pratiquement pareil.
Accompagner les enfants à l'école, et préparer le repas du midi et
le soir, faire le ménage, récupérer les enfants à la fin de la
journée, et amener Arylès au karaté.


. Mercredi : Journée la plus
chargée, car les filles je les accompagne au collège et Arylès à
une association qu'il fréquente. A midi, c'est le repas. Après
midi, les accompagner à leurs activités sportives. Après ça, on
rentre à la maison, les enfants prennent leur douche, mangent,
ensuite les devoirs, à la fin ils se brossent les dents et tout le
monde au lit.


. Aujourd'hui : Le matin, je
suis sortie faire des papiers. Le midi, sont rentrés mes deux
enfants, je leur ai donné à manger, ils sont repartis à l'école
et moi je suis venue à l'atelier d'écriture avec Patrick.


(Hayat)


 


*


 


. Ma fille a préparé un gâteau au
chocolat seule, sans mon aide !


. Arylès a écrit pour la première
fois au stylo, à l'école il a eu une médaille pour le féliciter
par la maîtresse !


. Arylès a fait des progrès en
lecture, donc à la maison il lit avec plaisir et non par obligation
!


. J'ai remarqué que les enfants
mangent mieux, peut-être à cause du froid !


. J'ai constaté que je suis très
active en journée, prête à tout faire, mais je me fatigue vite
vers la soirée comme les tout petits.


(Hayat)


 


*


 


Hier je suis sortie avec ma fille,
l'aînée, on est parties acheter du linge, après on est parties
manger un morceau de pizza, on est rentrées à la maison, j'ai fait
la prière, j'ai regardé la télé. (Kheira)






*


 


. Lundi : Je suis allé à
l'école. J'ai eu un contrôle de géographie et de maths avec ma
maîtresse du lundi.


. Mardi : J'ai eu un peu mal à
la tête. J'ai fait chorale l'après-midi et musique, de la danse à
la récré et poésie.


. Mercredi : Je suis allé à
mon centre aéré, et aussi c'est un endroit pour prier, ça
s'appelle « L'Oeuvre », à Endoume. La devise, c'est
« ici on joue, ici on prie ».


.
Jeudi
: Je suis pas allé à l'école, et je suis avec ma mère à écrire
ma semaine.



(Jérôme)






*


 


Lundi je suis allée chez le dentiste.


Mardi je suis allée avec mon mari,
avec bébé pour le vaccin au dispensaire.


Mercredi je suis restée à la maison
avec mes enfants.


Jeudi je suis restée à la maison.


Vendredi j’ai fait les courses.


Samedi je suis restée à la maison.



Dimanche j’ai préparé le pain et les gâteaux avec ma voisine.



(Fatima)


 


*


 



Hier je suis allée avec mon mari à la fête du prophète. Mes
filles sont allées au cinéma avec leur frère Mohamed et sa
fiancée.


(Nadjette)


 


*


 


 


Lundi je suis allée chez
ma voisine.


Mardi je suis allée à
la garderie avec mon fils.


Mercredi je suis restée
à la maison avec mes enfants parce qu’ils sont malades.


Vendredi
aussi, toute la semaine, moi je n’allais pas bien, aujourd’hui çà
va.



(Fatima)


 


*


 


Samedi, j’ai passé
l’après midi au gymnase La Martine avec les enfants, car Aryles
avait une compétition de karaté. On est arrivé à 13h30, il y
avait énormément de familles avec leurs enfants compétiteurs de
tout âges, arrondissements, de différents clubs et ceintures.


C’était long, une fois
mon fils, habillé et prêt, il fallait attendre son tour, car
c’était à tour de rôle, selon l’âge du compétiteur.


Il n’était pas
stressé, c’était plutôt moi la plus stressée. Ils ont fait des
katas avec un adversaire, plusieurs fois et au final ….le fameux
combat ! Nous l’avons encouragé, à la fin çà s’est bien
passé, il a réussi les katas ainsi que le combat. Il était ravi
pour sa victoire et nous également.



Dimanche : le matin on est resté à la maison,
ménage, cuisine, repassage, l’après-midi on est allé faire les
magasins pour voir les soldes



(Hayat)






*


 


J’ai passé une bonne
semaine.



Jeudi avec ma fille, nous avons fait les courses, visité
les magasins de chaussures, de vêtements sans acheter, juste pour le
plaisir. Nous avons aussi visité les magasins de meubles toujours
pour le plaisir et après en fin d’après midi, nous avons pris un
chocolat chaud. Un moment agréable où nous avons discuté de tout
et de rien après il a fallu qu’elle rentre pour récupérer mes
petites filles à l’école.



(Orkeïa)






*





Samedi, il y a dix jours,
ma cousine Nawelle a eu un nouveau bébé qui s’appelle Sarah.



Hier la sœur de Nawelle, mon autre cousine a eu
l’appendicite.


Mohamed est arrivé à la
maison avec sa fiancée, on a mangé avec mes filles et avec ma sœur,
j’ai préparé des cordons bleus avec de la chorba. Ma sœur est
restée 3 jours à la maison et puis elle est retournée chez elle,
dans le 7° arrondissement.



(Nadjette)






*





Lundi passé on a
déménagé, à la main, l’ancienne maison n’était pas loin, je
suis passé du 127 au 113.



Ma fille, ma belle sœur, ma sœur, mon fils, tout le
monde nous a aidés. Mon mari aussi, c’était le premier, après il
était fatigué. Il a fallu faire la peinture dans l’ancienne
maison, on l’a eue propre, on l’a laissée propre. Je suis
contente, les copines sont venues à la nouvelle maison pour faire la
fête, les voisins, la famille aussi. J’ai fait les gâteaux.



(Nadjette)


 


*


 


Vendredi, on a baladé
avec ma fille, on a fait les soldes pour voir ce qu’il y avait de
beau. Nous avons visité les magasins de vêtements et de meubles du
côté d’Auchan, nous n’avons rien acheté de particulier.
Ensuite nous sommes allés manger ensemble et discuter de tout et de
rien.



J’ai partagé une journée agréable avec ma fille et
cela m’a fait plaisir.



(Orkeïa)






*


 



La semaine dernière, mardi je vais aux courses,
mercredi je sors au supermarché. Le week-end, je le passe à la
maison.



(Selvina)






*


 


Tout le monde est content surtout les
enfants, que du bonheur !


Le 30 décembre, c’était mon
anniversaire, mes enfants m’ont fait plaisir, ils ont préparé un
gâteau pour moi.


Le 31 Décembre : dernier jour de
l’année, on a vu le feu d’artifice sur le vieux port, il était
splendide, ensuite on est rentré à la maison, on a réveillonné en
famille jusqu’à 1h du matin.



(Hayat)


 


*


 


Lundi je suis allée à la RTM pour
changer ma carte de transport.


Dimanche matin, j’ai fait le
nettoyage


Samedi je suis allé au marché pour
faire les courses, l’après- midi, je suis allée chez ma belle
sœur.


Vendredi, je ne suis pas sortie, je
suis restée chez moi.


Jeudi je me suis promenée au vieux
port.


Mercredi je me suis promenée au centre
bourse, j’ai fait les magasins.



Mardi matin j’avais rendez-vous avec pôle emploi.



(Aïcha)


 


*


 


Mercredi on était en sortie vers les
Alpes moi et ma fille et le fils de ma copine. On était très
content car je ne suis jamais allée là-bas, on s’est bien amusés
à la neige.


(Nassera)


 


*


 


Il y a quelques jours, j’ai
rencontré la maîtresse de mes enfants quand ils étaient au CP.
Nous avons évoqué ces années là, car ma fille était sa
chouchoute et nous avons échangé nos numéros de téléphone. Elle
m’a promis de chercher les photos de mes enfants et de me les
donner. J’ai été très heureuse de la rencontrer, nous nous
sommes promis de nous revoir.



(Orkeïa)





*


 


Aujourd’hui : après avoir
déposé mon fils à l’école, je suis allée au secrétariat pour
régler la cantine, ensuite je suis rentrée directement à la
maison, j’ai passé la matinée à la cuisine, j’ai préparé les
lasagnes comme promis.


Hier : c’était la routine, le
grand ménage, lessive et repassage pour la soirée.


Mercredi 11 décembre : journée
agréable et inoubliable pour les enfants et moi aussi ; On
s’est amusés très bien, le paysage est magnifique, il faisait
beau. On a fait de la luge, je me suis amusée comme une petite
fille. J’ai fait une bataille de boules de neige avec mes enfants.



(Hayat)





 



Vendredi quand j’étais à ALDI pour faire mes
courses. Il est entré un homme avec une arme, il a pris tout
l’argent de la caisse. J’ai eu peur pour moi et ma fille, la peur
m’a envahie, il a fallu que je prenne des comprimés pour me
calmer.



(Nassera)





*


 



Pour moi c’est toujours pareil, c’est la routine
rien de spécial, les jours ils se ressemblent : le matin le
ménage et le soir devant la télé.



(Nassera)





*


 



Nadjette : Cette semaine, j'ai fait les préparatifs
du mariage de ma cousine. Hier j'ai téléphoné à ma mère. Elle
m'a appris le décès de ma cousine en Algérie.






*





Dimanche : Les
enfants sont contents, ils font la grasse matinée. La journée la
plus cool. Douche, télé, jeux, sortie, devoirs à la fin.


Lundi : on reprend
l'école, donc je mets mon réveil à sonner, je dois me lever de
bonne heure, ouvrir les fenêtres et préparer le petit déjeuner,
ensuite réveiller les enfants et les préparer à partir.


Mardi :
Pratiquement pareil. Accompagner les enfants à l'école, et préparer
le repas du midi et le soir, faire le ménage, récupérer les
enfants à la fin de la journée, et amener Arylès au karaté.


Mercredi : Journée
la plus chargée, car les filles je les accompagne au collège et
Arylès à une association qu'il fréquente. A midi, c'est le repas.
Après midi, les accompagner à leurs activités sportives. Après
ça, on rentre à la maison, les enfants prennent leur douche,
mangent, ensuite les devoirs, à la fin ils se brossent les dents et
tout le monde au lit.



Aujourd'hui : Le matin, je suis sortie faire des
papiers. Le midi, sont rentrés mes deux enfants, je leur ai donné à
manger, ils sont repartis à l'école et moi je suis venue à
l'atelier d'écriture avec Patrick.



(Hayat)






*


 


. Ma fille a préparé un
gâteau au chocolat seule, sans mon aide !


. Arylès a écrit pour la
première fois au stylo, à l'école il a eu une médaille pour le
féliciter par la maîtresse !


. Arylès a fait des
progrès en lecture, donc à la maison il lit avec plaisir et non par
obligation !


. J'ai remarqué que les
enfants mangent mieux, peut-être à cause du froid !


. J'ai constaté que je
suis très active en journée, prête à tout faire, mais je me
fatigue vite vers la soirée comme les tout petits.


 


*


 


Hier je suis sortie avec
ma fille, l'aînée, on est parties acheter du linge, après on est
parties manger un morceau de pizza, on est rentrées à la maison,
j'ai fait la prière, j'ai regardé la télé.



(Kheira)





 


*


 


Nadia : Un jour, mon fils à
l'école dans la cour il a trouvé une montre en or, une belle
montre, il m'a dit : « Maman, regarde ce que j'ai
trouvé ». je lui ai dit : « Ne le montre pas. Quand
tu entends quelqu'un dire j'ai perdu une montre, là tu lui
rendras ». Et un jour, c'était la fille de l'ambassadeur du
Gabon, elle disait « Ouais, c'était un cadeau, j'ai
perdu... ». Mon fils a demandé : « qu'est-ce que tu
as perdu ? ». « Une montre » elle a dit. Il a
dit : « Je l'ai trouvée ». Et elle « Espèce
de con, c'est maintenant que tu me le dis ! »


 


*


 


Vendredi après-midi ma fille est venue
me chercher, je suis restée du vendredi après-midi jusqu’au


dimanche matin, il a fallu que je
rentre pour aller voter. J’ai gardé mes petites filles le samedi
car


ma fille et mon gendre sont sortis.
Tout s’est bien passé, nous avons fait des activités, du dessin,
des


bracelets, des jeux, un gâteau pour le
goûter.


Orkeia











Là-bas
/ ici


 


Nadjette : Mes enfants, ils ne
pourraient pas vivre en Algérie, même partir en vacances. Mes
filles, elles disent « la prochaine fois tu descends toute
seule. » Elles aiment la famille, mais il n'y a pas pour des
sorties toutes seules. Ici il y a beaucoup de choses de bien. Ca va
là-bas aussi, mais c'est pas pareil. Ma fille, quand elle est
revenue à la maison cette année, elle a embrassé les murs. Elle a
dit « oh ma maison, vive la France ! ». Je lui dis
« pourquoi tu dis « Vive la France », là-bas aussi
c'est bien. Et elle : « je m 'en fous, la prochaine
fois je descends pas. 15 jours, 10 jours, pas plus. » Cette
année je vais descendre avec ma mère, et ma fille me dit « très
bien, vas-y toute seule »


 


Hayat : La façon qu'on vit ici et
la façon qu'on vit là-bas c'est pas pareil


 


Nassera : Nous, quand on est
arrivé ici, on avait la mentalité de là-bas, mais petit à petit
ça y est on s'est adaptés.


 


Selvina :
Ici, c'est mieux (qu'au Portugal). Mon fils, qui est handicapé,
là-bas il allait à l'école normale, alors qu'ici j'ai une aide,
pour l'école et le docteur.


 


*


 


Orkeia : Nous, dans nos origines,
il faut toujours qu'on passe par être mariée et avoir des enfants
pour être reconnue dans la société, dans la famille, etc... C'est
rare que tu trouves chez nous une fille célibataire.


Après, nous on n'a pas éduqué nos
enfants comme ça, moi ma fille elle a pris qui elle voulait, je ne
l'ai pas éduquée comme ça.


 


*


 


Hayat : Généralement on se fait
enterrer là-bas, parce que sinon ça revient cher. A chaque fois
qu'il y a un enterrement de quelqu'un qui vient de ma région, on
nous envoie un message pour dire : voilà, telle personne elle
est décédée elle part telle date en Algérie, tel jour. C'est
automatique, il y a des personnes qui s'occupent de ça, c'est comme
une association. On se connaît tous, ça devient comme une famille.
Ils nous envoient un message et on paye, pour le bateau et
l'enterrement. La famille n'a rien à faire. Juste ils accompagnent
le cercueil


 


Nadjette : Nous pour ça on a une
assurance, on paye 180€/an pour 6 personnes


 


Hayat : Quand quelqu'un meurt,
c'est cher et c'est douloureux.


 


Nadjette : Moi je veux être enterrée
là-bas et que mes enfants aussi


 


Hayat : Moi je veux être enterrée
là-bas. Mes enfants ? Je ne leur parle pas de ça les pauvres


 


Aïcha : Moi ? Je
n'ai pas pensé à ça.


 


*


 


Nadjette
: Là-bas, il y en a qui pensent que la femme, même si elle souffre,
il faut qu'elle reste avec l'homme.


 


*


 


Là, je vis pas avec mes parents, ils
sont à Mayotte. Ici je suis chez mon oncle. Ma sœur elle est à
Paris, ça fait 5 ans qu'on ne s'était pas vues. Aux vacances de
Noël, c'était la première fois qu'on se retrouvait, à Marseille,
ma sœur est venue, mes parents aussi, toute la famille était là.


(Raïzani)


*


 


Là-bas
il n'y a pas le tramway, avec les bus, avec les motos, avec la
voiture...Il n'y a pas de téléphone, pas de télévision, pas de
sorties. Moi aussi avant à mon fils j'ai dit « Si tu n'as pas
le bac, tu te maries là-bas, au bled » « et lui :
non non non, jamais de la vie !!! »


(Nadjette)


 


*


 


Mon
cousin, il a 15 ans, il n'écoutait pas du tout à l'école, il se
battait, il frappait les profs, il avait 5 de moyenne, donc sa mère
elle a dit « non », on l'a envoyé à Mayotte. Peut-être
en grandissant un peu ou en vivant là-bas il va changer. Ici il n'y
a que des femmes, des fois il avait des coups de colère, on croyait
qu'il allait frapper sa mère, elle avait peur. Là-bas il y a des
oncles, il ne les connaît pas, il ne les a jamais vus, il est né
ici. Quand il a su qu'il allait partir, il pleurait beaucoup, il
disait « Je vais changer », mais sa mère elle a dit au
bout d'un moment « non, c'est bon... ». Ca a été dur
pour elle aussi, mais elle fait ça pour son bien. Donc, il est parti
vendredi. La famille était là, elle a aidé pour acheter le billet.
On l'a tous accompagné à l'aéroport, deux voitures. On a sorti les
mouchoirs.


(Raïzani)


 


*


 


Un jour mon fils me
raconta qu’il avait rêvé d’un chien, il voulait connaître la
traduction de son rêve. Je lui ai dit que chez nous en France, on
dit que le chien c’est un ami et que chez les algériens c’est un
ennemi. Mon fils répliqua : « alors maman, je suis issu
de deux cultures, que dois-je dire ? »


(Nadia)


 


 


Liberté


 


C’est une semaine très
importante dans ma vie, depuis le temps que j’attends ce moment.


Je pars à l’internat.
Je suis contente, en même temps j’ai peur. Même si j’ai rêvé
de prendre ma liberté. Et quand ce jour arrive, je suis terrifiée à
l’idée de quitter ma famille, mes amies et mes habitudes. On verra
si le deuxième jour, je ne retourne pas chez moi.


(Raïzani)


 


 


Mari






Nassera : Mon mari, quand il était vivant il
disait « moi je vais apprendre à ma fille le calcul, je vais
lui apprendre à conduire »... il a promis beaucoup de chose...
et puis il est mort...


Il était gentil avec moi, franchement
un ange... Si je retrouve un homme bien, gentil, pourquoi pas, me
remarier, mais le problème c'est qu'il faut qu'il considère ma
fille comme sa fille. Parce que ma fille elle passe en premier. Le
mari après.


 


*


 


Mon mari, il n’a que
les matches de foot dans la tête. Il regarde toujours à quelle
heure ça commence. Il fait la prière pour gagner le match, si il ne
gagne pas il est triste, il dit que c’est la faute de l’arbitre.
Il connaît les joueurs de L’OM, Paris, Barcelone tous. Il oublie
peut être le nom des enfants mais pas le nom des joueurs.


Il est gentil quand même,
il n’est pas rancunier. Quand on se dispute, je lui dis laisse-moi
tranquille, il rigole, il ne garde pas le mal, il a bon cœur.
L’argent il s’en fout, il donne, il donne aux enfants. Si demain
je veux aller en Algérie, il me donne l’argent, il n’est pas
radin. Mon mari il est bien, ma belle mère aussi, elle est très
gentille avec moi et mes enfants.


(Nadjette)


 


 


Mariage





Mes parents se sont mariés non parce
qu'ils se connaissaient mais parce que mon grand-père maternel était
le voisin de mon grand-père paternel, donc du coup ils ont organisé
un mariage de famille pour mon père et ma mère.



Mon mari et moi on s'est rencontrés car on s'est fait
présenter par une amie, ensuite nos parents aussi ont fait
connaissance entre eux, après cela on a été mariés. (Hayat)


 


Maternité


 


Hayat :
Avoir un bébé c'est une chance magnifique. Être mère c'est un
beau cadeau de la nature. C'est des moments inoubliables. J'adore les
enfants.


 


*


 


Quand
j'étais jeune fille, je m'occupais déjà de mes frères et sœurs,
et je rêvais toujours d'avoir des enfants. C'est pour ça, quand je
me suis mariée j'ai pas attendu longtemps pour tomber enceinte du
premier garçon. Ça change tout car de s'occuper de son propre
enfant c'est pas comme de s'occuper de ses frères et sœurs. Avant
d'avoir des enfants c'est la liberté, c'est le temps libre, pas de
souci, mais avec les enfants c'est le manque de temps pour soi même,
pour travailler. Et les enfants demandent beaucoup de temps. (Saïda)


 


*


 


Je
suis mère de trois enfants, mais dès fois je réalise pas, car je
regarde en arrière et je me dis y'a pas longtemps, j'étais enfant
comme eux, je jouais, je voyais que le présent et je me souciais de
rien ! Mais cela a changé, car je suis une maman heureuse, contente
de voir ces petits êtres qui grandissent tellement vite, et ils
m'apportent énormément de joie et de bonheur, même si des fois on
rencontre des petites difficultés dans la société, mais je me dis
que ces petits ils vont devenir des adultes dans le futur et des bons
citoyens dans la société, j'espère. (Hayat)


 


*


 



L'instinct maternel, mon dieu, je passe quelques jours
chez mon fils, au moment de lui dire adieu je pleure tout le long du
trajet, avant de rentrer chez moi. (Nadjia)






*





Orkeia :
J'ai connu une dame, qui avait une société à elle, elle a fait le
choix de ne jamais avoir d'enfant, parce qu'elle a toujours voulu
travailler pour elle, et puis elle a toujours eu peur, elle disait
« Tu te rends compte, un enfant, s'il lui arrive quelque
chose... jamais je m'en remettrai.» Elle avait connu des gens à
qui c'était arrivé. Elle préférait s'occuper de sa société.
Elle a toujours sa société et elle est célibataire.


 


*


 


Nassera : Depuis toujours, c'est
un rêve pour moi d'être maman. Quand j'étais petite, je jouais
avec mes coussins : je disais que c'était mes enfants.


 


*


 



Raïzani : Moi je voudrais 4 enfants : 2
filles, 2 garçons... d'abord les garçons comme ça ils pourront
s'occuper de leurs soeurs.





 


Médicaments


 


Nassera :
Quand j’étais petite, j’avais la varicelle, mes parents ils
m’ont forcée à manger la soupe de tortue et je l’ai mangée en
pleurant.


 


Nadia :
Nous, on nous donnait des escargots dans de l'huile d'olive pour la
bronchite, on mangeait ça, c'est bon, ma mère elle soignait comme
ça.


 


Hayat :
En hiver, ma mère quand j’étais malade, elle m’obligeait à
boire l’huile d’olive ancienne. C’était vraiment horrible,
comme l’huile de foie de morue, par contre c’est vraiment
efficace.


 


 


Méfiance


 


Mes
enfants je leur disais : « Et fais attention qu'on ne te
touche pas là. Fais attention de ne pas suivre des étrangers,
quelqu'un que tu ne connais pas, fais attention » Je me suis
toujours méfiée de ces choses là. J'avais peur. Un jour, j'ai
envoyé un taxi chercher mes enfants à l'école : le taxi est
revenu bredouille, il m'a dit : « Les enfants ils ne
veulent pas monter avec moi ». Je suis allée avec lui, j'ai
payé deux courses, et je les ai engueulés. Ils m'ont dit :
« Maman, c'est toi qui nous a dit de ne pas monter avec
quelqu'un qu'on ne connaît pas. ». J'ai rien dit.


(Nadia)


 


Mère


 


Hayat :
Il n'y a pas plus chère que ma mère.


 


*


 


Chez
nous, il y a un proverbe qui dit : « Quand tu perds ton
père, tu perds un peu, quand tu perds ta mère tu perds tout »
(Hayat)


 


*


 


Une mère ne remplace pas un père


Un
père ne remplace pas une mère


(Chaïma)





Mère
et fille


 


Nadia : La fille, c'est une amie
avec sa mère


 


Hayat : Oui, c'est
vrai, et plus elles grandissent, plus on devient des amies. Avec la
grande, elle n'est pas adulte mais elle est presque adulte, bientôt
elle va avoir 15 ans, elle me raconte tout et moi je lui raconte
tout. Presque comme une amie. On peut discuter de tout.


 


*


 


Nassera : Je souhaite
que plus tard, quand ma fille elle sera grande je serai une copine
pour elle. Ma fille c'est une partie de moi.


 


*


 


Dans la semaine écoulée, j'ai reçu
un coup de fil du Canada - Vancouver est une ville frontalière de
l'Amérique – Ma fille, elle y vit depuis 15 ans avec ses trois
enfants et son mari. D'habitude elle ne m'appelle que pour les fêtes.
Et voilà qu'elle me dit qu'elle n'en peut plus de vivre avec un mari
qui profite d'elle. Enseignante dans une école de langue française,
elle ramène l'argent à la maison et s'occupe de son foyer, alors
que son mari se la coule douce en percevant le chômage, égoïste,
il ne l'aide pas.


Lorsque j'ai fait la connaissance de
son mari, je suis intuitive, j'ai mis ma fille en garde, elle n'avait
que 17 ans, il était beau comme un acteur, mais j'ai compris qu'il
n'en voulait qu'à sa nationalité. J'étais veuve, je n'ai pas voulu
lui signer l'acte de majorité.


Alors lorsqu'elle a eu ses 18 ans, elle
se maria avec cet homme que je trouvais antipathique, sans me
prévenir. Alors j'ai perdu ma fille.


Mais voilà qu'elle m'apprend cette
nouvelle. Je le pressentais que ça finirait ainsi.


Ma fille avec le remord me demande
d'aller vivre avec elle, une fois le divorce entamé.


Mais je réfléchis, les enfants
parlent anglais et français avec un fort accent.


Est-ce que je pourrai faire quelque
chose pour les aider ? J'en doute.


Son mari a voulu l'éloigner de moi
pour qu'elle m'oublie. Sans compter sur le destin.


Il y a un proverbe qui dit « celui
qui creuse un trou pour son ennemi, tombera dedans »



je suis seule à Marseille. Veuve. Mais j'avoue que le
mari de ma fille l'a bien mérité.



(Nadia)








Mère
et fils


 



Mon fils, il aime beaucoup la galette, sa femme elle ne
sait pas la faire, parce qu’elle est jeune, elle a 21 ans, elle
sait faire les quiches, les pâtes. Elle est gentille avec mon fils,
et je suis contente, parce que s’il était triste, je serais
triste.



(Nadjette)








Moralité


 



Mes enfants, je ne les ai pas éduqués dans la
religion, non, ils font ce qu'ils veulent. Les enfants, ils
choisissent quand ils grandissent, mais je veux qu'ils soient éduqués
dans la bonne moralité.



(Nadia)





Nourriture


 


J’aime tout parce que ma mère elle
sait faire tout, mais j’aime beaucoup le H’rira, c’est un plat
comment dire « le préféré » parce que maman aime
beaucoup et moi j’aime beaucoup ma mère.



(Malika)


 



*





Quand
je suis arrivée en France, j'ai souffert avec mes enfants, pendant
presque deux ans. Le grand avait 11 ans, l'autre 7 ans, l'autre 2
ans, l'autre 4 mois, mon mari n'avait pas de travail. Ma belle mère,
elle habitait à côté mais ses enfants ne la laissait pas nous
aider. Ce sont les voisins, des français, qui donnaient à manger
pour mes enfants. On nous donnait des colis aussi, des chèques pour
manger. Maintenant on a la voiture, la moto, le travail... Mais il ne
faut pas oublier. J'ai toujours dit à mes enfants : « Si
tu manges une pomme... Il y en a qui ne mangent pas de pommes »



(Nadjette)


 


 


Objet
souvenir


 


Aïcha : Mes frères, ils m'ont
offert deux bracelets le jour de mon mariage. Je ne les porte pas
tous les jours, juste pour les fêtes, sinon ils sont rangés.


 


Fathia : Chez moi j'ai un cadre
que m'a offert mon ex., quand j'étais avec lui. C'est un beau cadre,
un grand cadre. Il est accroché dans le salon. Quand je rentre dans
le salon, je le regarde tout le temps. En plus, quand il me l'a
envoyé, j'étais enceinte de ma fille de 6 mois. Ca me rappelle des
souvenirs.


J'ai pas de souvenir de mes parents.


 


Hayat : Quand on voit l'objet on
pense à la personne, on pense au moment où on nous l'a offert. Je
me rappelle quand elle me l'a offert (le bracelet) j'étais super
super contente, parce que c'est pas donné, c'est un bijou rare..
J'ai dit « olala c'est pas vrai... »


 


Nassera : Quand j'ai accouché de
ma fille, j'étais là-bas en Algérie, personne ne m'a fait un
cadeau.


 


Hayat : J'ai gardé les dents de
lait de mes enfants, j'ai les boites, chacun il a sa boîte. J'ai
aussi les pinces du cordon ombilical, et les bracelets de la clinique
où il y a le nom, la date, je les ai tous gardés.


 


Nassera : Une mèche de cheveux de
ma fille, que j'ai coupés


 


Nassera : J'ai gardé les costumes
de mon mari dans l'armoire, de temps en temps je les sors...


 


Hayat : J'ai gardé des tricots de
quand j'étais jeune fille, faits à la main , j'y tiens beaucoup,
d'ailleurs je les mets encore.


 


Orkeia : J'ai gardé quelques
trucs de mon fils, un peu mais pas tout, des bracelets, l'autre jour
j'ai pris la boîte, j'ai regardé pour voir l'effet que ça me
faisait, mais je ne sais pas si j'arriverais à les mettre encore, je
pensais les mettre, mais bon je n'y arrive pas encore. On verra.


 


Nacera : Kaftan, burnous


 


Aïcha : la photo de mon mariage,
avec ma famille et la famille de mon mari / Une vieille photo de ma
belle mère quand elle était jeune fille


 


Hayat


Un bracelet en argent
Berbère que j’ai eu en cadeau par ma mère à l’âge de 14 ans a
une valeur inestimable pour moi. Elle l’a fait faire chez un
bijoutier qui déjà à réalisé des bijoux à ma grand-mère, à
mes tantes et à ma mère.


Il ne me va plus, j’ai
décidé de le donner à ma fille, pour son anniversaire, pour ses 15
ans. Et pour faire égalité, je l’ai amené cette année en
Kabylie, je suis repartie chez le même bijoutier, sauf que c’est
le fils qui a pris le relais, je lui ai demandé de me refaire le
même pour mon autre fille, il m’a dit que c’était faisable.


 


 


Nadia


Un jour j’étais partie
rendre visite à mon père aujourd’hui décédé. Après les
salutations et les embrassades, il était seul à la maison, ma mère
était sortie. Il me dit qu’elle ne va pas tarder à arriver, et de
la poche de son gilet, il sort une montre pour regarder l’heure.


Je lui dis que j’aime
bien cette montre ancienne, alors, il me l’a offerte. Pour le
remercier je lui ai donné un peu d’argent car il vivait avec une
petite retraite.


Aujourd’hui je l’ai
toujours cette montre, mais elle ne fonctionne plus, lorsque je la
vois, j’ai une pensée pour mon père. Que dieu ait son âme.


 


Raïzani


Le collier de ma petite
sœur est très important pour moi, ce collier m’évoque des
souvenirs de ma sœur encore vivante, ce collier nous lie toute les
deux.


Un jour, j’ai perdu mon
collier à la rivière, donc j’ai eu peur de rentrer à la maison,
comme nos colliers se ressemblent, ma sœur a décidé de me donner
le sien.


Quand on est rentré,
elle a dit à ma mère : « j’ai perdu mon collier. »
Ma mère s’est fâchée parce qu’elle nous les avait offerts pour
notre naissance. A partir de ce jour là, j’ai compris que ma sœur
m’aimait beaucoup, mois aussi je l’aime. Depuis ce jour, ma mère
ne sait pas que j’ai le collier de ma sœur.


Ce collier, je ne le
touche pas, c’est juste pour les yeux.


 


Hayat : Une photo du paysage de ma
région / une couverture tricotée par ma mère, pour mon premier
enfant / l'ensemble de la circoncision de mon fils, avec le petit
chapeau, le gilet tout brodé, les babouches et le burnous.


 


 


Partir


 



Nadia : Moi, j'étais avec un français. Mon mari
il ne m'a pas fait du mal. Quand j'étais malade il m'a amené une
bonne à tout faire, il m'a acheté une machine à laver, c'est grâce
à lui que je mange aujourd'hui, que je vis. Il m'a laissé sa
retraite. Il a travaillé au Sénégal mais je touche sa retraite
ici. J'étais bien avec lui. Mais ma fille avec celui-là, c'est ma
fille qui travaille. Quand elle rentre à la maison elle fait le
ménage, elle fait tout. Après elle me dit « maman, j'ai pas
osé partir » mais je lui ai dit « il fallait oser, il
fallait partir». Finalement ils ont divorcé. Quand la justice elle
a partagé, ma fille elle a pris beaucoup parce que c'est elle qui
travaille, c'est elle qui fait rentrer l'argent. Il n'a pas supporté.
Elle est morte toute seule dans le deux pièces cuisine. Il a attendu
qu'elle soit endormie et il l'a poignardée.


 


Père


 



Il y a un an j'ai fait la connaissance du vrai nom de
mon père et ça m'a marquée. (Chaïma)


 


 


Punition






La dernière je l’ai punie parce que samedi dernier,
elle est partie chercher du travail, puis elle a traîné dehors. Je
voulais qu’elle rentre avant 17h, et elle est rentrée presque à
18h. Donc cette semaine, pas de sortie avec sa copine. Elle m’a
fait la tête. Moi je m’en fous, je sors, je m’habille, je sors,
quand je reviens, elle rigole, ça va.



(Nadjette)





Petits
enfants


 



Pendant ces quelques jours de vacances que j’ai passés
chez ma fille dans le var, j’ai bien profité de mes petites filles
et du soleil dans la terrasse. Mes petites filles jouaient à la
trottinette et elles ne s’arrêtaient pas de courir dans tous les
sens et à faire des bêtises, surtout les 2 petites. La plus grande
était beaucoup plus sage, elle se retire souvent dans sa chambre
plus au calme pour lire ou jouer à des jeux. Bref c’était une
super ambiance du coup quand je suis rentrée ça m’a changée, pas
d’ambiance, le calme et le silence.



(Orkeia)





Photos






Hayat : Sur le mur, j'ai la photo de mon mariage,
un grand portrait. Et après, chaque enfant à la naissance je
choisis une photo, je l'agrandis et je la mets, ça me fait plaisir
de les voir. J'ai des photos de l'Aïd aussi . C'est des bons
moments, il faut qu'ils restent. Quand je vois la photo je pense au
moment qu'on a passé ensemble.





Dans la salle à manger, j'ai une autre
photo à laquelle je tiens beaucoup, la photo de mes enfants, gravée
sur du cristal, offerte par mon frère, car il sait que j'aime les
photos. J'aime la voir, car il y a mes enfants, ça me permet de voir
le changement et le développement des enfants. Et en même temps ça
leur permet de se regarder tout petits. Ça leur donne l'occasion de
me poser des questions sur leur enfance.





*


 



Quand je suis partie en vacances, en Algérie, j'ai
sorti l'album photos de la famille. Il y en a une, ça me fait
plaisir à chaque fois que je le sors, une photo de moi très jolie
et surtout un ange. Je m'attache énormément à cette photo tout
simplement parce que j'ai aucun souvenir de mon enfance. Ça m'aide
énormément à me dire que c'est pas grave : je ne me souviens pas
de mon enfance, mais j'en ai eu une. (Radia)






*


 



Hier j'ai montré à ma fille des photos de son père,
qui est décédé l'année dernière, je lui ai dit « qui c'est
celui-là ? », elle m'a dit « papa », et je
lui ai dit « il est où papa ? », et elle m'a dit
« il est au ciel ». Après elle m'a dit « papa, il
est mal, docteur il a fait mal », parce qu'elle se rappelle
quand on allait à l'hôpital lui rendre visite. Elle avait 2 ans ½,
elle se rappelle de tout. Moi je suis restée comme ça, bouche bée.


(Nassera)


 


Portraits


 


 


J'ai appelé ma fille Mélissa, c'est
un mot grec qui veut dire « miel ». Elle a 11ans ½..
Mince et très grande, elle me dépasse de 3cm. Ça me fait drôle de
voir mon bébé qui me dépasse de taille. Elle tient beaucoup de moi
: le visage, le caractère, timide, douce avec les enfants, toujours
à l'écoute, minutieuse, aime déjà faire la cuisine malgré
qu'elle est pas grande mangeuse, mais elle dit qu'elle aime voir sa
famille savourer ses petites recettes. Très gentille et complice
avec son petit frère, malgré qu'elle le dépasse de presque 6 ans,
elle n'a pas manifesté de jalousie même toute petite. (Hayat)


 


*


 


Mon père, ce héros, qui a toujours
travaillé très dur des années durant dans la mine de charbon.
Chaque jour il descendait au fond de la mine pour que nous ne
manquions de rien. Il se levait très tôt et allumait la cuisinière
à charbon, et préparait le café avant de partir au boulot. Quand
on se levait, tout était prêt.


Nous habitions une belle maison de
campagne grâce à mon père, et en plus de son travail, son passe
temps était de jardiner, donc nous avions des légumes frais et bios
toute l'année, car nous


avions un grand terrain.


Ce sont des moments inoubliables.


Mon
père est resté en activité très tard. Je le revois encore, quand
il rentrait du boulot, il avait les yeux charbonneux comme s'il
s'était maquillé autours des yeux. Quand mon père n'était plus de
ce monde, j'avais l'impression d'avoir tout perdu. C'est la personne
qui comptait le plus pour moi (Orkeia)






*


 


Mon père il était costaud, grand et
costaud, un vrai berbère, mais il avait mal au dos. Je lui montais
sur son dos avec mes pieds pour le masser, et ça le soulageait.
(Nadia)


 


*


 


Ma mère, elle a 74 ans,
elle a la taille fine, elle fait la galette, le ménage, la maison,
elle sort toute seule, elle voyage toute seule jusqu’à présent.


Elle aime les animaux :
chèvres, coqs. Elle fait des médicaments pour les gens et les
animaux avec des plantes. Le résultat, il est bien, les cousins
d’ici ils l’appellent pour savoir comment faire et elle leur dit
au téléphone.


Si la chèvre a le pied
cassé, elle prépare une attelle avec de la semoule et de l’eau,
plus une bande pendant 2 jours et voilà c’est fait, pareil pour le
coq, ils ont les pattes fines, ils les cassent souvent.


Elle
n’est pas allée à l’école mais sa tête va bien, elle a un
téléphone, elle sait s’en servir. Elle aide toujours les gens,
les frères et toute la famille. Avant, elle travaillait, elle
faisait le ménage, après elle s’est arrêtée, elle a une petite
pension, elle a eu 6 enfants. (Nadjette)


 


*


 


Ma mère : fêtarde, un peu fofolle,
qui adore les plantes, les animaux aussi. Elle a un grand jardin avec
des plantes partout qui poussent dans des chasses d'eau, des lavabos,
décorées de figurines Kinder. Elle adore faire la fête et boire
des bières à 4h. Elle est très « bio ». Même si cela
ne l'empêche pas de manger des « cochonneries » comme
elle dit. Elle est très campagnarde et ne travaille pas. Elle aime
lire les romans policiers et regarder « Inspecteur Barnaby »
pendant la sieste. Beaucoup de personnes pensent qu'elle est ma
grande sœur. Elle aime beaucoup récupérer des objets pour mettre
des plantes dedans. (Nadège)


 


*


 


Ma mère, ma perle rare, grande,
blanche, discrète, très ordonnée, travailleuse, aime faire la
cuisine, faire plaisir à tout le monde, même avec des tout petits
moyens.


Comme par exemple tricoter des petits
vêtements comme les bonnets, les gants, les tricots etc…


Très propre, matinale, correcte, elle
ne supporte pas le mensonge.


Elle aime faire apprendre aux autres
tout ce qu’elle sait faire comme la cuisine, le jardinage, plein de
bonnes astuces de nettoyage, la couture.


Comme elle est très généreuse, elle
aime aider les plus démunis. Je me rappelle qu’elle disait
toujours qu’il y a toujours des plus pauvres que nous. Elle adore
ses petits enfants. (Hayat)


 


*


 


Mon frère est blond, cheveux châtains,
les yeux bleus.


Avant il était directeur de société.


Il a trois enfants, deux filles et un
garçon, un appartement, une voiture.


Quand j’étais petite, il me faisait
beaucoup de cadeaux.


(Aïcha)


 


*


 


Mon
mari il est grand, il parle beaucoup, il adore acheter, ma sœur,
elle travaille à l’hôpital, elle a les cheveux noirs.


(Silvina)


 


 


Préférences


 


Raïzani : Ma mère, elle aime
plus ma deuxième soeur que moi. Tout le monde le dit. Elle nous
aime, mais pas plus que elle. Ca se voit qu'elle l'aime plus que
nous. Elle fait des choses avec elle qu'avec nous elle ne fait pas.


 


Orkeia :
Moi elle préférait mon frère, il n'y avait qu'un garçon mais
c'était tout pour lui. C'était le roi lui.


 


Nadia : On n'a pas les mêmes
rapport avec une fille et un garçon. Je les aime pareil, mais ma
fille je discutais avec, il y a des choses que je ne peux pas
discuter avec les garçons. C'est pas la même chose.


 


Hayat : L'amour c'est pareil, on
les aime pareil, que ce soit un garçon ou une fille on les aime
tous, ce sont nos enfants, mais les rapports je pense que c'est pas
pareil. Avec une fille on discute plus, de tout, on peut raconter
n'importe quelle chose, c'est fusionnel je trouve, elles nous
comprennent mieux. Alors qu'avec un garçon il y a des sujets qu'on
peut aborder et il y en a d'autres qu'on ne peut pas.


 


*


 


Hayat : En général, le petit on
le chouchoute. Pour pas rendre jaloux les autres il faut leur
expliquer, que c'est parce qu'il est petit qu'on lui fait ça, et
qu'eux aussi quand ils étaient petits on leur faisait ça.


 


Nassera : J'ai senti que mes
parents ils ont fait des différences entre moi et les autres. Mon
père, il aime les garçons, mais le premier enfant c'était une
fille, le deuxième c'était une fille et le troisième c'était moi.
Quand je suis née, mon père il a dit « olala... ».
Après ma mère, elle a encore accouché et cette fois d'un garçon.
Il y a eu 3 garçons après mois. Les autres elles étaient
préférées, après les garçons, après moi, j'étais comme un
ballon au milieu... Il ne m'achetait rien mon père, et aux autres
oui.


 


Hayat : C'est vrai qu'avant ils
aimaient beaucoup les garçons. Maintenant ça y est je pense, les
gens ils ne font pas la différence.


 


Aïcha : Moi c'est le contraire :
maman elle aime les garçons, mon père il aime les filles. Le
premier c'était un garçon. Mon père, il a dit « j'espère
que la prochaine fois ce sera une fille », et la fois d'après
ça a été un garçon. Il a redit « j'espère que la prochaine
fois ce sera une fille », et encore ça a été un garçon. Ils
ont eu 4 garçons. Et après, moi, la cinquième. Après il y a eu
une fille. Après un garçon. Après encore une fille, et après
encore un garçon. Je suis à la moitié. J'ai été chouchoutée.
J'ai bien grandi, je n'ai manqué de rien.


 


Nacera : Moi j'étais la dernière,
j'étais chouchoutée.


 


Hayat : Moi j'étais l'avant
dernière... ça va. Mon frère il était plus chouchouté que moi
parce que c'est un garçon et il était plus jeune. J'ai failli être
la dernière, j'étais chouchouté moi aussi. Après il m'a pris la
place.


 


Selvina : J'ai 5 soeurs. Elles
disent que c'était moi la préférée de mes parents. Je suis la
plus jeune.


 


Nadia :
Moi ma mère elle aimait beaucoup les filles. Elle a eu ma soeur, qui
est beaucoup plus vieille que moi, il y a une grande différence
d'âge. Elle a eu 8 garçons aussi, mais elle aimait les filles, elle
m'aimait beaucoup, Dieu ait son âme. Elle adorait ma fille, c'était
sa préférée, et ma fille l'adorait aussi.


 


*


 


Fathya : Les parents ils aiment
tous leurs enfants pareil, mais les grands-parents ils ont toujours
une préférence, c'est à dire s'ils ont 5 ou 6 enfants il y en a un
qui est préféré, il cache des choses et il lui donne...


 


Nassera :
Une fois, ça m'est arrivé j'ai acheté des robes - J'ai travaillé
jeune, à l'âge de 16 ans, puisqu'on me donnait rien chez moi, même
pour acheter des chocolats il ne me donnaient pas les sous, alors
j'ai laissé tout tomber et j'ai travaillé - Donc j'ai acheté des
habits et je les ai cachés chez ma grand-mère. Ma soeur aînée,
elle ne travaillait pas à l'époque, elle était à la fac, elle a
demandé à ma grand-mère où j'avais caché mes habits, et ma
grand-mère lui a dit « Elle les a cachés là-bas ». Le
lendemain, elle s'est réveillée tôt, elle a pris mes habits et
elle est partie à la fac. Moi je les cherchais et je ne les trouvais
pas. Pourtant je lui avais dit « Ne dis rien » à ma
grand-mère, mais derrière mon dos...


 


 


Prénoms


 



Hayat : Hayat, c'est le prénom que m'a donné mon
père. Il signifie « la vie ». J'aime bien. Mon père me
disait quand j'étais petite, « je t'ai appelée Hayat car je
sais que tu porteras espoir. » Il est original et court, pas
très fréquent, juste ce qui me fallait. Il me convient très bien.
Mon fils, son nom c'est Arylès, c'est moi qui l'ai choisi. Mes
filles, l'aînée Amélie, c'est moi qui l'ai choisi et la deuxième,
Mélissa, c'est son père. On a partagé. Amélie, j'ai toujours aimé
ce prénom, même quand j'étais jeune je rêvais de ce prénom, je
me disais si j'ai une fille quand je serai grande je l'appellerai
Amélie. Après la deuxième j'ai donné la chance à mon époux. Et
le troisième Arylès, ça veut dire le lionceau, c'est d'origine
berbère, c'est moi qui ai choisi. Ca lui plaît. C'est important
quand on aime son prénom je trouve.





Orkeia :
On m'a appelé comme ma grand-mère paternelle : Orkeia. Avant,
à l'époque ils faisaient comme ça. Ce prénom

me convient très bien. Je sais que ça veut dire « quelque
chose de précieux et fin ». Je l'aime bien car tous les gens qui
l'entendent le trouvent beau, magnifique. J'en suis flattée. Si je
demandais un centime à chaque fois qu'on s'exclame « quel
prénom magnifique ! » je serais riche.



J'ai appelé mes enfants Nadia et Karim car c'était des
prénoms simples et je les trouvais beaux.






Nassera : Ma fille s'appelle Sabrina. Je voulais
l'appeler Bouchra, et d'un coup j'ai changé son prénom :
Sabrina. Sabrina, c'est la patience. On dirait que j'ai senti que
j'allais perdre mon mari un jour. Voilà, moi et ma fille on est
patientes.





Nadège : Si j'avais un enfant :
j'aime beaucoup le prénom de Louise pour une fille... en revanche je
le trouve un peu « vieillot » et j'y ajouterais un ''a''
afin de le rendre moins difficile à porter.


C'est difficile d'imaginer comment
pourrait être Louisa. Avec un caractère un peu fripon, elle serait
très curieuse. Brune certainement. Avec des yeux foncés. Elle
adorerait les animaux. Elle ferait du cheval.






*






Nadjette : Avant, la famille du marié elle
changeait le prénom de la mariée après le mariage...


 


 


Quelques
mots à l'enfant qu'on a été


 


Si je pouvais parler à
moi-même quand j'étais petite, je dirais : « Profite au
maximum, joue, fais des bêtises mais pas très graves, ta maman est
la personne qui t'aime le plus, et qu'elle se sacrifie pour toi et
les autres frères. Malgré que des fois, nous les enfants, on croit
que la maman est très sévère et méchante, alors que c'est des
bons moments et des bons souvenirs qui passent très vite et que nous
n'oublierons jamais. »


(Hayat)


*


 


Tu sais Orkeïa, tu es
tellement mignonne et pétillante du haut de tes 5 ans que je te vois
bien faire de la danse ou un métier artistique. Si un jour tu vas
vers cette voie, surtout n’hésite pas, fais-le, vas jusqu’au
bout de tes rêves, ne fais pas comme moi car tous les interdits ne
m’ont pas permis de réaliser mes rêves.


(Orkeïa)


 


*


 


Je suis là pour te
donner un petit conseil : vis ta vie sans peur parce que sinon
tu pourrais rater beaucoup de choses.


Ecoute tes parents mais
pas tout le temps parce que des fois leurs conseils sont vieux.


Ne sois pas timide, parle
quand tu as quelque chose à dire, ne garde pas tout dans ton cœur.


Essaye de parler avec tes
parents quand tu vas bien et quand çà ne va pas.


Essaye de canaliser ta
colère quand tu sais que tout va aller mal.


Enfin aime les gens qui
sont autour de toi et n’aie pas peur d’aimer.


(Raïzani)


 


*


 


Très chère Hayat


Ce que je peux te dire :
« amuse toi bien, gambade dans les collines, profite de ton
enfance, car elle ne dure pas longtemps. Essaye toujours d’avancer
plus loin, mais toujours dans le droit chemin. N’aie pas peur
d’affronter les obstacles, courage, tu peux ! Avec ta bonne
volonté, tu y arriveras ! » Mais n’oublie jamais où tu
es née et ceux qui t’ont élevée et toute la moralité qu’ils
t’ont donnée.


(Hayat)


 


*


 


Chère Nadjia


Tu avais cinq ou six ans,
tu voulais dire à ta mère, lui raconter un sujet très tabou, mais
tu ne savais pas comment le dire, et tu subissais des choses que tu
n’aimais pas et ceci durait depuis un certain temps. Mais ta mère
ignorante ne soupçonnant rien, ne t’a jamais demandé ce qui ne va
pas.


Tu
as vécu longtemps avec ton secret au cœur. Devenue adulte et mère,
toi-même tu as fait le contraire de ta mère et puis le souvenir
t’a fait rentrer dans la dépression. Alors un jour, tu as pris ton
courage à deux mains et tu as dit : « je vais lui
parler à cette mère ! », lui raconter le secret que tu
as caché des années durant.  Et en apprenant cela ta mère ne
t’a pas cru et pour toute réponse, elle a pris la défense de la
personne qui t’a traumatisée, c’est la maladie d’alzheimer qui
a pris le dessus, tu aurais dû le faire bien avant.


(Nadia)


 


 


Relation
enfants-parents


 


Pour mon anniversaire, mes enfants
m'ont fait un gâteau, c'est la première fois, j'étais contente je
me suis dit « ça veut dire qu'ils sont grands, maintenant
c'est eux qui me font à manger »


(Hayat)


 


*


 


Mes
enfants, depuis qu'ils sont petits, je leur montre les gens qui sont
dans la rue, à cause de la bière. Il y a des hommes, avant ils
étaient bien, ils avaient un travail et après ils ont tout perdu,
ils sont devenus clochards. Le grand, il a presque 27 ans, il me dit
« jusqu'à quand maman, tu vas être derrière nous ? Je
lui dis jusqu'à 40 ans ! Peut-être 60 ans, ! Jusqu'à ma
mort ! Je suis comme ça.


Mes
enfants, ils m'appellent « le patron ».


(Nadjette)


 


*


 


Moi
je demande pardon quand je crie sans raison, que je fais des choses
qu'il fallait pas, je dis « excusez-moi mes fils »


(Kheira)


 


Reproches


 


Même
si les parents ils sont parfaits, tous les enfants, peut-être pas
tous mais beaucoup, ils ont un truc à reprocher à leurs parents,
même si les parents ils ont fait de leur mieux. Mais après, une
fois qu'on est parent on comprend.


(Orkeïa)


 


Retrouver


 


Nassera : Avant de mourir, mon
mari il m'a dit qu'il a eu un garçon avant, avec une vietnamienne
qui s'appelle Thérèze et qui vit en Alsace. Son fils s'appelle
Michel. Maintenant il est grand, je voulais le chercher pour le
présenter à ma fille, sa soeur, mais je sais pas comment faire, je
connais pas son nom de famille, ce n'est pas celui de mon mari, il ne
l'a pas reconnu.


 


Nadia :
Moi j'ai une nièce que j'aimerais retrouver aussi. Mon frère s'est
séparé d'avec sa mère - elle était jalouse quand il parlait avec
une femme, alors il en a eu marre. J'aimerais bien la retrouver ma
nièce. Il faut que je la retrouve. Je lui ai dit à mon frère.


 


 


 


Séparation


 


Malika : Moi j'ai qu'une fille.
Elle a un caractère. Elle est petite, elle a 4 ans, mais elle sait
tout. Elle crie, elle pleure, elle ne m'écoute pas. Ca fait un an
que je suis en France. Le milieu est nouveau pour moi et pour elle.
Son papa est au bled. Il va venir ici. C'est pour ma fille, c'est pas
pour lui, parce que j'ai vraiment des problèmes avec lui, sa
mentalité est difficile, mais pour ma fille je veux qu'il revienne.
Je fais tout pour ma fille. Elle a grandi chez mes parents. Mes
parents aussi ont tout fait pour ma fille. D'une façon, lui, son
père ne fait rien.


 


Orkeia : Même si tu n'es pas avec
lui, il y a des structures où elle peut rencontrer son père... Pas
la peine que tu te sacrifies, franchement. Parce qu'après il ne
voudra peut-être plus partir. Quand tu fais rentrer un mec chez toi,
après, avant qu'il parte...


Quand ça va pas, ça va pas. Tu
changes pas une personne.


Quand ça va pas, il faut changer de
mari. Maintenant on a le droit


Sinon ça finit mal.


 


Orkeia : Quelqu'un qui est pas
récupérable, c'est pas la peine. Ma fille, elle est un peu plus
sèche que moi, elle lui a carrément dit à son père « c'est
pas la peine ! »


 


Hayat : Quand les parents
s'entendent pas, ça dépend de la gravité, quand c'est des petites
choses il faut laisser aller, ça sert à rien, c'est pas la peine de
se séparer, mais quand c'est énorme, que c'est trop violent, alors
là...


 


Fatima : Avec le premier mari, il
y avait beaucoup de problème avec mon enfant. Il m'a laissé tomber
en Italie, toute seule avec mon fils. Avec le deuxième, ça va. J'ai
des soucis que pour le travail, il travaille pas.


 


Selvina :
Moi je pense que c'est difficile, mais c'est une chance, c'est mieux
pour l'enfant d'avoir les parents.


 



Nadjia : Lorsque les parents se séparent, il
faudrait partager la tache, à savoir l'éducation des enfants et le
respect du droit de visite. Sinon, la justice doit intervenir








Seule


 



Fathia : J'habitais à Marseille, et comme j'étais
toute seule, je n'avais pas de famille, alors pour mon premier enfant
je suis monté chez ma soeur à Grenoble, j'ai accouché là-bas et
après je suis retournée à Marseille.








Souffrance


 


Souraya :
Il vaut mieux avoir la souffrance quand on est petit que quand on est
grand.


 


 


Soutien


 


Moi je suis une femme seule, j'élève
mes deux enfants seule, un de 13 ans et l'autre de 4 ans. C'est
difficile. J'ai un troisième enfant, un garçon qui a 21 ans, lui ça
y est c'est bon il est parti, il est sur Paris, il travaille. Je suis
contente, j'ai des enfants vraiment adorables, mais il faut être
très très solide, très combattant dans cette vie, parce qu'elle
est très dure. Parfois quand je déprime, moi j'appelle ma sœur à
10h du soir, on se parle au téléphone, on se soutient moralement.


J'ai
ma mère aussi sur Marseille, mais ma mère elle est âgée, elle ne
peut pas prendre/s'occuper de mes enfants. (Souraya)


 


*


 



Pendant les vacances je suis tombée malade, je suis
restée quinze jours au lit et pour ma fille c’était pareil. On
est restées seules, personne ne venait chez moi. Je n’arrivais
même pas à me lever pour donner à manger à ma fille. Jusqu’à
ce que je sois guérie, ma copine est venue chez moi avec son fils,
elle m’a fait les courses. Je la considère comme une sœur pour
moi. (Nassera)


 


 


Souvenirs


 


Nadia : Mon père il me racontait
une histoire pour m'endormir. Avant qu'il l'ait terminée je
m'endormais. Le lendemain je lui demandais de la raconter encore
parce que je m'étais endormie. Maintenant il y a la télévision.


 


Hayat : Moi des fois je demande à
mes enfants de l'éteindre la télévision. Elle nous gâche tout la
télévision.


 


Orkeia : Moi je leur ai offert
beaucoup de livres. Ca apporte de lire.


 


*


 


Nassera :
Un jour, mes parents, j'avais 6 ans, ils m'ont dit « va à
l'école, et tes soeurs restent avec nous, on va déménager». Moi
je croyais qu'ils allaient me laisser. Alors à l'école j'ai pleuré,
la maîtresse elle m'a demandé « Pourquoi tu pleures ? »,
je lui ai dit « Ma famille, ils sont partis, ils m'ont laissée
seule ». Elle me croyait. Elle a dit à une voisine de me
prendre avec elle. Elle m'a pris. Et mes parents étaient en train de
me chercher.


 


 


Transmission


 


Nacera : J'ai gardé les habits de
mes enfants quand ils étaient bébés, pour les transmettre à mes
petits enfants. Notamment des brassières, que ma mère a tricotées.
Ca se transmet d'une génération à l'autre..


 


*


 


Hayat : L'année dernière, je
suis allé dans le village où je suis né. J'ai amené mes enfants.
Je suis retourné même à l'école primaire. Je leur ai montré le
trajet que je faisais, ils ont dit : « C'est fou, tu
marchais tout ça ??? » j'ai dit « Eh oui, je
marchais tout ça, 45 minutes à pieds, 4 fois par jour, il n'y avait
pas de cantine ». On y est allé en voiture, mais je leur ai
montré. Même à moi, ça m'a fait du bien de revoir l'endroit.


 


*


 


Ce que mes parents nous ont transmis :
c'est les valeurs, être correct dans la vie, ne pas toucher à ce
qui nous appartient pas, travailler, le respect pour les autres,
s'entraider entre les frères et le sœurs, se marier, ne pas être
rancunier, essayer toujours d'avancer devant, sans avoir la grosse
tête.


Ce que j'aurais aimé : qu'ils
m'accordent une toute petite liberté, quand j'étais très jeune,
qu'ils regardent ce que je pense moi de leurs idées et non ce que
pensent les autres, qu'ils soient moins sévères envers moi, qu'ils
discutent avec moi plus sur des sujets qu'ils voyaient tabous comme
par exemple la puberté, le sexe, etc... (Hayat)








Un
jour...





Un jour, mon père est rentré avec une
télévision noir et blanc.


Un jour ma mère a joué à la corde à
sauter.


Un jour mon petit frère me conduit en
voiture.


Un jour mon fils a marché d'un coup
dès qu'il a vu son petit ballon rouler.


Un jour ma grande sœur m'a cousu une
belle robe pour la fête.


Un jour ma fille, à l'âge d'un an, a
fait manger à son père un bout de gâteau de son anniversaire.


Un jour ma sœur me fait cadeau d'un
bijou en or.



(Hayat)


 


*


 


Un jour mon mari part au travail.


Un jour je fais un gâteau.


Un jour je vais acheter à la
boucherie.


Un jour mon mari reste à la maison



Un jour mon mari fête son anniversaire.



(Silvina)


 


*


 


Un jour ma mère se lève
de très bonne heure


Un jour ma mère me parle


Un jour ma mère m’a
tricoté de tout


Un jour ma mère est en
colère


Un jour ma mère je l’ai
vue triste


Un jour ma mère sent bon
sa nourriture


Un jour ma mère me
respecte


Un jour ma mère m’a
montré, m’a expliqué


Un jour ma mère je l’ai
vue trop pleurer à mon mariage


Un jour ma mère est
heureuse à mon arrivée



Un jour ma mère est triste à mon départ



(Hayat)





*


 


Un jour quand j’étais
encore une enfant


Un jour mon père m’avait
emmenée au carnaval d’Aix en Provence


Un jour j’étais
tellement petite que mon père m’a mise sur ses épaules


Un jour de Carnaval j’ai
vu le roi Dagobert qui avait mis sa culotte à l’envers


Un jour pour la première
fois j’ai vu des géants en papier mâché


Un jour j’étais très
heureuse au carnaval avec mon père et le souvenir me revient.


Souvenir d’enfance.


(Orkeia)


 


*


 


Un jour je pourrai
oublier ma tristesse


Un jour j’irai peut
être en pèlerinage


Un jour j’espère
rencontrer des gens pieux


Un jour mon père m’avait
acheté une jolie poupée


Un jour ma mère était
aux obsèques d’un voisin


Un jour ma mère avait
mis du khôl, elle était belle


Un jour mon père était
allongé il m’a demandé de le masser avec mes pieds


Un jour à Noël ma mère
m’a déposé un cadeau dans mes bottes


Un jour j’ai voyagé,
j’ai fait la côte d’Azur avec mon mari


(Nadia)


 


*


 


Un jour j’ai appelé mon amie Nassera
à 6h du matin car j’avais du chagrin.


Mon père est parti en vacances, il me
manque.


Un jour jai tué un petit chat.


Un jour ma sœur elle m’a coupé les
cheveux.


Un jour mon mari, il m’a trompée
avec une autre femme.


(Souraya)








Vie
quotidienne


 


Keyra : J'ai pas de fille, j'ai
que des garçons, 4, et ils sont trop attachés à moi.


Le plus grand a 31 ans, les jumeaux 28
ans et le dernier a 15 ans.


J'avais beaucoup de difficultés avec
la poussette des jumeaux. Je l'ai cassée 2 fois. J'avais du mal à
monter dans le bus. C'était difficile.


A la rue Pressensé, il y a un centre
médical, on m'a donné une personne pour m'aider quand je devais
sortir, pour la maison et tout, c'était bien, parce que dès fois je
n'y arrivais pas, j'habite au 3eme étage, je n'avais pas
d'ascenseur, mon mari à l'époque il travaillait, j'avais le grand
qui avait 3 ans, dès fois quand je l'amenais à la maternelle je
devais laisser seuls les jumeaux à la maison, je faisais vite.
C'était difficile...


 


*


 


Fatima : Mardi, je suis allée
chez le docteur. Mercredi je suis restée à la maison, parce que les
enfants ils sont malades, ils toussaient tous les deux. Toute la
semaine je n'allais pas bien. Aujourd'hui ça va mieux.


 


Aïcha : Dans la rue, j'ai vu un
homme qui se promenait avec sa femme et sa belle mère. Il marchait
un peu derrière elles. Une femme s'est approchée de lui pour lui
demander un renseignement. La belle mère l'a vu, elle a crié
« pourquoi tu parles à cette femme ?! ». Alors elle et
sa fille ont frappé l'homme, elles ont retiré leurs chaussures pour
le frapper. Il est tombé par terre.


 


Hayat : Lundi passé, c'était la
rentrée des classes, les enfants sont contents de reprendre l'école,
même s'ils ont aimé les vacances, le repos, les grasses matinées.


 


 


Ville
natale





... 3 heures après on arrive à ma
ville natale. Je rentre à ma maison. C'est la grande surprise, toute
ma famille nous attend (c'est ma mère et mes frères et sœurs). Ils
ont dressé une belle et grande table. C'est une journée inoubliable
pour nous. Les enfants jouent au jardin avec les cousins, on entend
leurs va-et-vient et leurs rires, et nous on parle de tout et de
rien. (Hayat)


 


 


Vote


 


Hier, je suis allée voter, ma fille
aussi, c’était la première fois. Elle a voté comme une adulte,
çà y est elle a grandi, elle comprend. Elle ne voulait pas y aller,
elle était fatiguée. Après le lui ai dit : « il faut y aller,
parce que pour la vie ça change beaucoup de choses. »


Nadjette


 


 


Fatiha


Selvina


Nassera


Fatima


Hayat


Nadjette


Orkeïa


Aïcha


Malika


Marion


Kheira


Raïzani


Nadia / Nadja


Nacera


Rama

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